Les bastides tarnaises ou albigeoises témoignent d’un urbanisme volontariste, s’adaptant au relief escarpé, le recherchant même afin d’en faire une place forte (signe des temps, l’insécurité est encore la règle).
C’est aussi un lieu de pouvoir ainsi qu’un lieu d’échanges marchands.
Avec les bastides, le plus souvent fortifiées comme Cordes-sur-Ciel ou Castelnau de Montmiral, le seigneur ou suzerain offre sécurité mais également des villes neuves ou des villes franches "sans împots" qui équivaut à une promotion sociale pour ses nouveaux habitants.
Elles présentent sur le papier des plans urbains en damiers, concentriques ou en fuseau.
Au cœur de la cité médiévale, la place représente le carrefour de toutes les rencontres, échanges et transactions. Les rues qui la desservent, débouchent à chacun de ses angles et passent le plus souvent sous les couverts aménagés sous les maisons qui la bordent.
La Cathares et l’hérésie cathare ont clairement favorisé la création d’un certain nombre de bastides : Cordes-sur-Ciel (1222), Castelnau-de-Montmiral (1222) et Lisle-sur-Tarn (1229-1230), sous la houlette du comte de Toulouse, Raymond VII qui cherchait à protéger les cathares.
Les croisés (soldats catholiques) ne sont pas en reste avec Labastide-Monfort (devenue de Lévis).
À cette époque, Puycelsi se voit aussi renforcée en termes défensifs.
Après la croisade, les pays tarnais reconstruisent, participant à l’essor économique général d’où naîtront d’autres bastides : Lisle-sur-Tarn(1229), Villefranche d’Albigeois créée en 1239 par Philippe, le neveu de Simon de Montfort, St Sulpice (1247), Labessiere-Candeil (1255), Florentin (1260), Réalmont bastide Royale (1272), Briatexte (1290)…
Ensuite, ce phénomène architectural et urbain débordent largement de l’espace tarnais et s’étend à l’ensemble du Sud-Ouest.
53 ans après la fin de la Croisade contre les Albigeois (1229) débute la construction de la cathédrale d’Albi sous l’égide des évêques albigeois. Le pouvoir a changé de mains ...