La forêt de Grésigne est la plus vaste forêt de chênes de la région Midi-Pyrénées. Couvrant environ 3600 hectares et jouxtant d’autres massifs forestiers, elle se compose essentiellement de chênes rouvres (80%), de hêtres, de charmes et de résineux. Grésigne a donné du bois de chauffage et un peu de charpente, du bois pour les merrains servant à la tonnellerie destinée au vin de Gaillac, du charbon de bois jusqu’aux années cinquante, et du bois alimentant les fours des verriers de Grésigne, dont le dernier s’est éteint en 1850. La forêt, rationnellement exploitée et entretenue, est aujourd’hui un lieu de chasse au gros gibier.
• Le point culminant (Montoulieu, 480 m) est de l’ère primaire. Formé de grès, il a donné son nom à la forêt de Grésigne. Les plateaux environnants sont de la période jurassique (ère secondaire) et sont composés de calcaire.
Les Romains ont occupé la Grésigne. De leur passage il reste des oppida, tumulus de terre servant de défense, des vestiges de camps et une voie romaine sur le territoire de Puycelsi. En 1281, Amiel de Penne cède ses droits sur la forêt au roi de France. Les habitants des villages environnants continuent à utiliser les privilèges de bois mort, de charpente et de barrières, mais aussi de pacages pour les troupeaux. Les verriers, d’origine noble, peuvent utiliser à volonté le bois de la forêt et sont dispensés d’impôt. Cette exploitation exagérée et sans contrôle met la Grésigne en danger de disparition. En 1660, Colbert dépêche Monsieur de Froidour pour réglementer l’exploitation de la forêt et en accroître les bénéfices. Après en avoir délimité le pourtour par un mur (mur dit de Louis XIV) ou un fossé, il supprime les privilèges et nomme des gardes forestiers.
En 1750, Louis XV inféode la Grésigne à Monsieur de Maillebois : celui-ci projette de transporter le bois en canalisant la rivière Vère. Le projet sera poursuivi durant une vingtaine d’années, et fera naufrage – un peu aidé dans cet échec par les vignerons et tonneliers gaillacois peu intéressés à voir partir la matière première vers Bordeaux, via Bruniquel. Monsieur de Maillebois a eu le temps toutefois de commencer le tracé des routes de débardage avant de faire faillite.
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Maison de la forêt à Sivens (Tarn)

