La place de Lisle sur Tarn et sa fontaine du 13ème siècle

C’est la plus grande place à couverts du Sud-Ouest. L’exemple parfait de l’organisation spatiale des bastides. Sur la place trône une fontaine du XIIIème siècle au parcours mouvementé, la fontaine du Griffoul.

Le terme de bastide caractérise souvent des «villes nouvelles» créées au  XIIIème siècles par la volonté d’un comte, d’un roi, d’un vicomte ou encore d’une abbaye.

Le commerce est en plein essor à cette époque. Sans doute les puissants souhaitaient-ils développer le revenu issu des taxes à payer par les habitants. Mais ils ont contribué à un développement nouveau ; des lots ont été constitués, leur destination préconfigurée (commerce, habitation…), ils ont été taxés d’une façon identique et spécifiée par contrat : c’était comme une petite révolution !
Les bastides sont construites sur un plan prédéfini (ce qui n’était jamais le cas au moyen-âge habituellement) ; ce plan est conçu pour mettre la place du marché au cœur de la cité et rationaliser l’espace urbain et ses déssertes. Même après de nombreuses évolutions, le plan urbain des bastides est aujourd’hui encore très souvent conservé. Ce sont les prémices de l’urbanisme moderne.

 

La place centrale est donc emblématique de l’histoire des bastides, tant architecturalement que pour des raisons économiques, politiques voir religieuses (le pouvoir suprême de l’église de Rome n’étant plus «central» dans l’organisation de la cité).

La place de Lisle-sur-Tarn est une des plus grandes places à couverts du moyen-âge de l’Occitanie. Elle est magnifiquement conservée et on peut apprécier les façades richement ornées par les briques en terre cuite, les colombages, les encorbellements et les couverts*. Lorsque le marché du dimanche matin n’a pas encore déballé sa joyeuse farandole de producteurs, de couleurs, et de convivialité contagieuse, l’ombre des couverts offre une fraicheur bienveillante pour les promenades nonchalantes.

 

berges lisles

Vouée au commerce, elle accueillait les foires et marchés. Mais c’était surtout le centre de la vie sociale de la cité. Cette tradition se perpétue avec les marchés du dimanche matin, mais aussi les événements qui animent Lisle-sur-Tarn tout au long de l’année. C’est le point de départ des festivités, le lieu des brocantes et des vide-greniers. Ce sera votre point de rendez-vous pour Lisle noir, le festival du polar, ou pour les arts scéniques, qui exposent en juillet une pétillante scène pop rock.

Pour des journées plus calmes, profitez des terrasses des cafés et des restaurants où il fait bon se prélasser. Les gourmands ne manqueront pas le musée du chocolat, qui se trouve juste derrière les couverts. Et n’oubliez pas le musée Raymond Lafage, à une rue de là, talentueux dessinateur du XVIIème siècle, à l’oeuvre mythologique et aux bacchanales saisissantes.

 

La fontaine de Lisle-sur-Tarn

Don de Jeanne de Toulouse et Alphonse de Poitiers au XIIème siècle pour la naissance de la ville, la fontaine du Griffoul (classée Monument Historique) aura une histoire tumultueuse avant de trôner fièrement sur la place de Lisle-sur-Tarn. Symboliquement, la juxtaposition de la croix occitane avec la fleur de lys qui ornent le pourtour de la cuve, serait pour certains le symbole de l’union des deux donateurs ; pour d’autres un symbole de paix, associant le comté de Toulouse avec le royaume de France.

Son embellissement débute dès l’année 1613, où les consuls de Lisle s’adressent au fontainier Ferray de Toulouse, pour dessiner et réaliser un arbre en laiton. A cette époque, nous sommes dans une période de guerre civile et malgré la misère qui frappe la population, la ville prendra livraison de cet arbre le 17 janvier 1614.

Puis dès 1651, les nouveaux consuls veulent donner une deuxième jeunesse au Griffoul. Ils le surmontent notamment d’un nouvel arbre en bronze plus travaillé, représentant un groupe d’enfants assis sur des dauphins.

A la fin du XIXème siècle, la fontaine a été sauvée de la destruction et installée dans le parc Rochegude à Albi, à la suite d’une délibération du conseil municipal de Lisle-sur-Tarn faisant don de la fontaine à la ville. Elle est restée ainsi de nombreuses années, oubliée dans un coin du parc. Lors de la restauration de la place de Lisle-sur-Tarn, le retour de la fontaine a été approuvé et un protocole d’accord signé entre les deux communes en septembre 2000, permettant à la fontaine de retrouver ainsi son écrin original.

 

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